Le revenu universel pour compenser la robotique

Economie, Europe

L’Europe ouvre le débat sur le revenu universel

Intelligence artificielle, biogénétique ou internet, le progrès technique n’est plus considéré comme un tremplin sûr vers la prospérité. Une nouvelle génération de robots et le développement de l’intelligence artificielle pourraient améliorer la manière dont nous fabriquons des objets ou passons notre temps libre. Pourtant, cette nouvelle vague de gadgets intelligents et de robots autonomes pourrait aussi détruire des milliers d’emplois sans en créer d’autres, ce qui soulève des inquiétudes sur la viabilité des systèmes de sécurité sociale.

Selon la dernière étude sur l’avenir du travail du Forum économique mondial, plus de 5 millions d’emplois dans les 15 pays les plus industrialisés devraient disparaître d’ici 2020. En prévention, le Parlement européen appelle les Etats membres à plancher sérieusement l’instauration d’un revenu universel, soit l’idée d’un revenu de base.

Le 1er janvier, la Finlande est devenue le premier pays à tester cette option sur une partie de la population, en mettant en place un programme qui propose un montant de 560 euros par mois non taxé. Il est aussi question de réfléchir sur une taxe imposée au travail effectué par les robots ou sur l’utilisation et l’entretien de ceux-ci. L’argent ainsi récolté permettrait de soutenir et de garder les travailleurs dont les emplois ont été affectés ou supprimés par la main d’œuvre électronique.

Les eurodéputés ont également soulevé que la question de la responsabilité civile des robots, une question essentielle qui doit être examinée au niveau européen, afin d’assurer le même degré de transparence, de cohérence et de certitude juridique dans toute l’Union européenne, au bénéfice des consommateurs, mais aussi des entreprises. A court terme, le rapport des députés propose un programme d’assurance obligatoire, similaire au système en place pour les voitures. Dans ce cas, ce sera néanmoins le producteur qui se chargerait d’assurer les robots autonomes.

À plus long terme, les eurodéputés suggèrent que les « robots autonomes les plus sophistiqués » obtiennent le statut de personne électronique, « avec des droits et des obligations », comme « l’application d’une personnalité électronique aux robots qui prennent des décisions intelligentes de manière autonome ou interagissent d’une manière ou d’une autre avec des parties tierces ».

Si les voitures autonomes, voire même les robots sexuels, entrent déjà dans nos vies quotidiennes, il faut veiller à mettre en place les garanties suffisantes pour que « les robots servent les humains, et que nous ne soyons pas dominés par eux ».