Martin Schulz

Europe, Qui est qui

Qui est Martin Schulz, le président du Parlement Européen?

Nous ne pouvions pas passer à côté de l’annonce faite le 24 novembre dernier par le président du Parlement européen, Martin Schulz, qu’il ne briguerait pas de troisième mandat à l’Europe, afin de poursuivre sa carrière à Berlin. Le social-démocrate convoite en effet un mandat de député dans le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie en vue des prochaines législatives allemandes. Une information qui met ainsi fin aux rumeurs qui courraient depuis plusieurs mois. Si à 60 ans, ce natif de l’ex-RFA n’a jamais occupé de fonctions politiques ou exécutives en Allemagne, nous retiendrons ceci de son passage à l’Europe, qui se termine le 17 janvier prochain.

Carrière

Martin Schulz est élu pour la première fois député au Parlement européen en 1994, prenant, six ans plus tard, la présidence de la délégation allemande au sein du groupe du Parti socialiste européen (PSE). À la suite des élections de 2004, il est élu à la tête du groupe, rebaptisé Alliance progressiste des socialistes et démocrates (S&D) après le scrutin de 2009. Au début de l’année 2012, conformément à un accord avec les conservateurs, il est désigné pour un premier mandat de président du Parlement européen.

Les polémiques

Ce que les observateurs relèvent surtout de sa carrière européenne, et je cite, ce sont ses déclarations changeantes selon les circonstances, son caractère intolérant vis-à-vis des opinions divergentes des siennes et ses nombreuses sorties de route. Durant sa présidence, Martin Schulz s’est ainsi fait accrocher par d’autres eurodéputés ou représentants politiques à multiples reprises. En 2003, après avoir vivement critiqué le travail de Silvio Berlusconi, ce dernier lui suggère de jouer le rôle de kapo dans la série comique Papa Schultz. En 2009, Martin Schulz craignant l’arrivée de Jean-Marie Le Pen au poste de député européen, le traitera ouvertement de nazi. En 2010, c’est Daniel Cohn-Bendit, lors d’un discours virulent contre José Manuel Durão Barroso, qui lancera un « Ta gueule » à Martin Schultz qui se moque de son intervention. En décembre 2015, ses déclarations concernant les premières mesures du nouveau gouvernement polonais de Beata Szydło qu’il compare à un « coup d’État » suscitent également l’indignation de cette dernière qui demande des excuses pour la Pologne. Le ministre de l’Intérieur Mariusz Błaszczak avait quelques semaines auparavant condamné « l’arrogance allemande » de Schulz alors que Varsovie refusait d’accepter les quotas de migrants décidés par l’Union Européenne.

La longévité

Tournant dans l’histoire du Parlement Européen, on retiendra un élément important qui marque sa présidence : M. Schulz est le seul président de l’institution à l’avoir présidé pendant une aussi longue période. Tous ses prédécesseurs n’ont occupé le « perchoir » que pendant une demi-mandature, en application d’un accord entre gauche et droite qui stipule que la présidence revient alternativement à l’un puis l’autre camp, tous les deux ans et demi.