Film Kodak 8mm

Bruxelles, Cinéma

Screen Brussels, le cinéma « Made in Brussels »

Il y a six mois, un tout nouveau fonds bruxellois de coproduction audiovisuelle était créé par le gouvernement de la région, le Screen Brussels Fund. Ce fond est doté d’une enveloppe de coproduction annuelle de 3 millions d’euros et a lancé fin mai son premier appel au secteur. De nombreux professionnels ont répondu présents et le conseil d’administration du fonds, ainsi que le directeur général, ont du faire leur choix parmi de très nombreux projets de qualité. La décision finale est tombée, le Screen.Brussels Fund a décidé d’investir un montant de 1 685 000 € à travers 14 projets.

Long métrage: 8 projets dont 1 film d’animation

« Le fidèle » du réalisateur bruxellois Michaël Roskam proposé par Savage Film (Molenbeek). Un film très librement inspiré de la vie du truand bruxellois Patrick Haemers avec Mathias Schoenaerts et Adèle Exarchopoulos.

« Dode Hoek » du réalisateur bruxellois Nabil Ben Yadir proposé par Antilope Joyeuse (Bruxelles), Wrong Men (Saint-Gilles) et Eyeworks (Zaventem). Jan, le flic le plus populaire de Flandre, démissionne de la brigade des stupéfiants pour s’engager dans un parti populiste et nationaliste. Avec Peter Van Begin, Jan Decleir et David Murgia.

« La promesse de l’aube » d’Eric Barbier proposé par Nexus Factory (Liège et  Forest) Cette fresque historique retrace la vie du célèbre écrivain Romain Gary. Une partie très importante des effets spéciaux seront produits à Bruxelles. Le film accueillera Charlotte Gainsbourg et Pierre Niney dans les rôles principaux.

« Tueurs, la stratégie de la tension » de François Trouckens et de Jean-François Hensgens. Proposé par Versus Production (Liège et Schaerbeek). Un film d’action sur un braqueur de haut vol accusé du meurtre d’un juge d’instruction. Avec Olivier Gourmet, Lubna Azabal (Bruxelles), Tibo Vandenboore (Bruxelles) et Anne Coesens (Bruxelles).

« Une part d’ombre » du réalisateur bruxellois Samuel Tilman pour qui ce sera son premier long métrage de fiction. Ce projet est proposé par Eklektic Productions (Ixelles). Un père de famille est soupçonné d’un meurtre commis lors de ses vacances. Certains de ses proches commencent à douter de son innocence. Avec Fabrizio Rongione (Bruxelles), Myriem Akheddiou (Bruxelles), Arieh Worthalter (Bruxelles).

« La fine équipe » d’Ismaël Saïdi proposé par Scope Pictures (Rixensart et Ixelles). Cette comédie populaire entièrement tournée à Bruxelles met en scène une ancienne star du mini foot bruxellois obligée de remporter un tournoi pour rembourser ses dettes. Avec Reda Chebchoubi (Bruxelles), James Deano (Bruxelles) et Kody (Bruxelles).

« The Street Party », un long métrage d’animation proposé par Caviar Antwerpen en co-production avec Zentropa (Danemark). Ce projet de long métrage d’animation à budget abordable et générera un volume de travail important pour deux studios d’animation bruxellois situés à Koekelberg et Molenbeek.

« De Premier » d’Erik Van Looy proposé par FBO (Strombeek-Bever). Dans ce thriller 100% belge, le Premier Ministre est enlevé. Il sera libéré à condition qu’il assassine la Présidente des Etats-Unis en visite en Belgique. Avec Koen De Bouw, Dirk Roofthooft, Charlotte Vandermeersch et Saskia Reeves. En salles actuellement.

Série TV: 3 projets

« Les Pionniers », une série de 10×52 minutes réalisée par Alain Brunard et proposée par To Do Today (Woluwe Saint-Lambert). Egalement cofinancée par le fonds FWB-RTBF, cette série procédurale explore le nouveau far west légal qu’est l’internet. Une avocate bruxelloise ambitieuse vient d’engager sa demi-sœur, hackeuse en sursis ; elle la connaît à peine. 67 jours de tournages à Bruxelles avec notamment une pléiade d’acteurs bruxellois dont Olivia Harkay, Lula Béry et Adrien Letartre.

« Generatie B », une série de 6×30 minutes conçue et réalisée par Pieter Van Hees et Joost Vandecasteele (Bruxelles), produite par De Mensen (Zaventem). Diffusée sur Canvas début 2017, cette série nous transporte dans un monde où la cote de la Belgique a été dégradée de AA+ à B. Avec Eva Binon, Jeroen Perceval, Ella June Henrard, Jeroen Van Der Ven (Bruxelles), Efrat Galai (Bruxelles), Chiel Van Berkel (Bruxelles)

« Transfert », une série co-produite par Arte, réalisée par Olivier Guignard et Antoine Charreyron. Produite par Be Films (Ixelles) cette série de science-fiction de 6×52 minutes met en scène un personnage qui a subi un « transfert » après 5 ans de coma. Son esprit a intégré le corps d’un autre et il est devenu un inconnu pour les siens. Cette série, dont le héros principal est le l’acteur bruxellois Arieh Worthalter, est quasiment entièrement tournée à Bruxelles.

Documentaire et websérie: 3 projets

Du côté des productions à budgets plus modestes, ce sont deux documentaires et une websérie qui ont été retenus lors de cette première session d’investissement.

« La vie à venir » du réalisateur  bruxellois Claudio Capanna et produit par Stenola (Bruxelles) est une plongée dans l’unité « néonatalogie très grand prématuré » de l’hôpital Erasme.

« La Langue Rouge » de la réalisatrice Violaine de Villers dresse le portrait de l’artiste contemporain bruxellois Walter Swennen. Ce documentaire est produit par Aligator Film (Ixelles)

La websérie « Euh, Saison 2 » est la suite de la célèbre websérie humoristique coproduite par le département webcréation de la RTBF et Grizzly Films (Schaerbeek). Elle a convaincu Canal Play France qui injecte 50 % dans la production. Euh, c’est l’histoire de Benoît, un mec qui ne sait pas faire de choix. Avec Gregory Beghin (Bruxelles), Erika Sainte (Bruxelles) et Mourad Zegendhi (Bruxelles).

Le retour sur investissement

Comme il s’agit d’un fonds économique, une attention particulière a été portée sur les projets générant des effets structurants en matière d’emplois pour les talents bruxellois et pour le carnet de commande des entreprises prestataires de services durablement établies en Région de Bruxelles-Capitale. Pour cette première session, ces engagements s’élèvent à plus de 12 813 000 € de dépenses audiovisuelles en Région de Bruxelles-Capitale, soit un joli ratio moyen de 760 % entre les montants investis et les dépenses générées en Région bruxelloise. Ce chiffre peut se résumer de manière simple et plus compréhensive pour 1 euro d’argent public investi, 7,6 euros sont dépensés dans la région de Bruxelles-Capitale.

A ce titre, la deuxième session 2016 de Screen.brussels s’est déroulée fin octobre. La décision des nouveaux projets soutenus par le fond est attendue fin du mois de novembre 2016. Ce deuxième tour de l’année 2016 répartira cette fois-ci une nouvelle enveloppe de 1 315 000 €.

Bruxelles à l’honneur

Sur les 14 projets, 10 mettent Bruxelles à l’honneur! Cette sélection très éclectique suscitera également des retours importants en termes d’image pour la Région puisque Bruxelles fera résolument partie du scénario de manière explicite dans une grande majorité des projets retenus.

Au-delà des frontières régionales

Les projets sélectionnés représentent en outre une grande diversité de formats, de budgets et de maisons de production. Huit projets sont présentés par des maisons de production bruxelloises, trois sont issus de maisons de production localisées en Flandre et trois en Wallonie. Ils confirment enfin le positionnement multiculturel de la capitale avec des projets particulièrement représentatifs de la diversité bruxelloise.

Complémentarité des fonds régionaux

Cette sélection confirme également  si besoin était, la complémentarité des fonds régionaux que les producteurs peuvent solliciter et, le cas échéant combiner, puisque « Le Fidèle » est soutenu par les trois fonds régionaux, « Dode Hoek » par Screen Flanders et Screen.Brussels et « Tueurs, la stratégie de la tension » par Wallimage et Screen.Brussels.

Bruxelles, « ça tourne »

De manière générale, cela tourne beaucoup à Bruxelles. Les chiffres de l’année 2015 sont à ce titre très éloquent. La région a accueilli pas moins de 331 tournages, répartis en 37 longs-métrage, 25 courts-métrage et 108 émissions de télévision.

L’impact en termes d’emploi n’est pas négligeable et positionne le secteur audiovisuel comme un des plus gros employeurs de la capitale après la STIB. En effet, en plus 8 000 emplois directs, ce secteur génère plus de 7 000 emplois connexes, soit un total de plus de 15 000 emplois dans la capitale.

Screen Brussels

Screen Brussels est également formée d’autres entités qui soutiennent aussi activement le secteur audiovisuel bruxellois.

Le Screen.Brussels Film Commission aide les productions à trouver des lieux de tournage (l’ancien Brussels Film Office)

Le Screen.Brussels Cluster, comme son nom l’indique, est un cluster d’entreprises.

Le Screen.Brussels Business est en charge des interventions sous forme de prêt ou en capital en faveur des PME bruxelloises actives dans le secteur de l’audiovisuel.